• Préface - Tous les Anges Doivent Mourir

    Préface - "Arkanor -Fantasia Gothica- Tous les Anges Doivent Mourir"

    16 Janvier 2015. Orden Ogan publie «Ravenhead », leur quatrième album. Les ayant rencontré à Paris en décembre 2012 lorsqu’ils étaient en première partie de Luca Turilli’s RHAPSODY, je ne pouvais m’attendre, à cette époque, qu’un de leur album allait m’apporter un paysage musical suffisamment fort pour me permettre de rédiger un recueil si important pour moi. On peut, d’une certaine façon, dire que ce premier tome de Arkanor –Fantasia Gothica- est une réécriture de « Ravenhead ». Il est de nature, lorsqu’un auteur rédige des textes intimes afin de soulager des plaies intérieures, de s’inspirer d’un même paysage que celui qu’il désire retranscrire. C’est, du moins, ce que l’on persiste à nous enseigner. Eh bien, il semblerait que ceci ne soit qu’une fausse opinion. L’inspiration ne se cherche pas, elle se trouve toujours là où l’on n’en a pas forcément besoin. D’ailleurs, Seeb lui-même aurait avoué (lors de son interview qu’il a accordé à Radio Metal à l’occasion de la sortie de Ravenhead) qu’il écrivait des textes joyeux lorsqu’il était déprimé, et inversement. Mais lorsqu’on s’approche un peu plus de son processus d’écriture et de composition, on s’aperçoit que « Ravenhead » n’est pas l’œuvre d’une vie, mais simplement une excellente publication. De là, je me suis demandé : Pourquoi un simple album, si bon soit-il sans qu’il ne dégage la moindre émotion la plus intime me concernant directement, me procure une telle nécessité de devoir le réécrire en ce recueil si important pour moi ? Je pense qu’ici, tout n’est que question de paysage musical, et non de textes émotionnel et personnel. D’ailleurs, à ce propos, rédiger un texte personnel m’a toujours insupporté. Mais vivant dans une région riche en paysages enchanteurs et cachant d’anciens contes fabuleux, je pense que c’est ce détail-là qui a fait palpiter en moi cette fascination envers « Ravenhead ». Car l’album narre des contes inventés par le groupe ainsi que des histoires véridiques. Et la Normandie détient un paysage identique à celui que reflète musicalement « Ravenhead ». En lisant et en écoutant l’album, j’avais cette fascinante et heureuse impression de redécouvrir la Normandie médiévale par le biais des merveilleux contes qui enchantaient ou terrorisaient les animaux, femmes et hommes de la région. « Ravenhead » propose un voyage dans une contrée perdue d’Angleterre où se lient mystérieux contes d’horreurs en une triste époque médiévale. Arkanor –Fantasia Gothica- joue pour moi, le même rôle qu’Avantasia pour Tobias Sammet : Un univers intime dans lequel nous y emprisonnons nos émotions les plus fortes et douloureuses en rédigeant des histoires et en peignant des paysages lyriques.

     « Arkanor » a, depuis ces trois longues dernières années, été ma roue de secours pendant chaque difficile période. Tous êtres en tous mondes ont traversé à un moment dans sa vie cette même période atroce d’épuisement spirituel, de remises en questions incessantes, de troubles intérieurs si douloureux ayant parfois la capacité de détruire notre propre santé… Et pour nous sortir de cette situation, il vous a fallu trouver la clé d’un voyage spirituel initiatique ayant pour objectif de vous faire évoluer et murir. Qu’importe la personnalité et l’identité, nous avons été et sommes des âmes perdues à un certain moment donné. Et Arkanor a été pour moi l’aube de mon Voyage Initiatique Spirituel.

    Ne voyez pas dans cet ouvrage un dépotoir à larmes et sentiments. Non, cela fait un moment que je me suis lassé de cela. Tous les précédents recueils sous le titre de « Arkanor » ont été des histoires sombres cachant des faces de ce que je suis. Le but n’est pas de montrer ce que je suis, mais de raconter le voyage qui me permet d’oublier ce que je suis. Ainsi, Les recueils précédents (« Black Horse », « Nightmarius », « Quauquemairius », « Life, Love is killing me ») racontaient l’histoire du Cheval Noir Arkanor, originaire du monde féerique d’Alphasia, mais défiant les lois de l’espace-temps pour apparaître dans des mondes parallèles où sa présence perturbe des limbes de vies.

    Ainsi, l’histoire de cet ouvrage raconte le récit d’un petit village coupé du monde en Normandie. Sant-Queva-Saprés est son nom. Le Cheval Noir du Cauchemar Arkanor errait dans le bois du village, ce qui empêchait aux enfants de bien dormir à cause de terribles mauvais rêves. Les marécages étaient d’un silence inquiétant et semblaient garder des sombres secrets liés au village. Mais malgré l’atmosphère inquiétante qui régnait sur le village, les habitants n’étaient jamais malheureux. Ils étaient le reflet de ce paysage décoloré et vide de vie et jamais il n’était question ni notion de tristesse et mélancolie. Car sachez que ce n’est pas parce qu’un esprit est vide de lumière qu’il est abattu.

    Mais un jour, le Cheval Noir du Cauchemar Arkanor se retira, et le quotidien de Sant-Queva-Saprés changea…

    Les vieux contes du folklore normand avaient réveillé leurs créatures qui craignaient le Cheval Noir…

    Puis, une mystérieuse cathédrale en ruine apparue dans les bois. Les villageois la nommèrent Sinistrâmes.


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